Mon article dans le magazine Français du monde adfe

Depuis les années 60, la mise en marché des semences est réglementée dans la plupart des pays européens pour éviter les fraudes et la commercialisation de graines présentant des défauts majeurs. La production et la vente de ces semences industrielles répertoriées dans un catalogue officiel sont maintenant entre les mains de cinq grands semenciers* : c’est l’ère de la privatisation du vivant. Pour obtenir un meilleur rendement et un produit homogène, ces semences sont associées à des pesticides, des engrais chimiques et sont parfois modifiées génétiquement. On acte la standardisation de la production agricole : 75% des variétés de semences ont disparu en un siècle.

Mais quid de la variété agricole, de la qualité nutritionnelle, du goût, de la préservation des sols et du respect de la planète ?
La biodiversité est mise à mal : le paysan qui cultivait, domestiquait et sélectionnait ses graines en toute liberté et gratuitement, en respectant l’environnement et la biodiversité, est devenu un exploitant agricole qui n’est plus autorisé à semer, ressemer et transmettre des variétés non inscrites au catalogue officiel ! Quelle aberration !
Des organisations paysannes** et de protection de l’environnement se regroupent et entrent en résistance. Elles font un travail de promotion, de conservation et de production des semences paysannes dans le but de revenir à la biodiversité domestique qui est d’un intérêt environnemental, agronomique, diététique et gastronomique, primordial pour notre santé ! Mais leur distribution et commercialisation se heurtent à des obstacles juridiques et réglementaires tant au niveau national que supranational. Ces organisations se confrontent à leur principal concurrent que sont les cinq grands semenciers : David contre Goliath.

Notre capital santé est fortement menacé et nous, consommateurs citoyens, devons entrer en résistance en soutenant les agriculteurs qui cultivent les semences paysannes et en interpellant nos parlementaires pour lutter ensemble contre l’uniformisation de notre nourriture quotidienne !

* Monsanto, Pioneer Hi-Bred (États-Unis), Bayer (Allemagne), Syngenta (Suisse) ; Limagrain (France).
Le marché mondial des semences commercialisées est estimé à 30 milliards de dollars en 2015.
** par exemple : semencespaysannes.org, kokopelli-semences.fr, femmes-semencieres.com, semonslabiodiversite.com, colibris-lemouvement.org, vandanashiva.com, navdanya.org, en Espagne (Red de semillas) en Italie (Rete Semi Rurali) en Angleterre (Heritage Seed Library) en Allemagne et en Autriche (Interessengemeinschaft für gentechnikfreie Saatgutarbeit) et en Hongrie (Protect the Future).

Auteur/autrice : catherinelibeaut

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